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Modes de visite prêts à l’emploi

© 2018 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

A · Peintures · Denon · Salle 711

La Joconde

Léonard de Vinci

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Léonard transforme le portrait de cour en une véritable présence. Le corps qui pivote vers nous, le regard direct et le sourire indécis donnent l’illusion d’une rencontre vivante — un modèle qui redéfinit le portrait européen.

  • Le visage : Les contours des yeux et de la bouche semblent se dissoudre. Léonard superpose de fines couches translucides — c’est le sfumato, qui adoucit chaque passage de l’ombre à la lumière.
  • La pose : La figure n’est pas strictement de face. Le buste pivote vers le spectateur, et la pose formelle paraît ainsi conclure un mouvement naturel.
  • Les mains : Posées l’une sur l’autre, sur l’accoudoir, elles ancrent la figure au premier plan et renforcent son calme.
  • Le paysage : Au loin, chemins, cours d’eau et montagnes perdent peu à peu leur netteté ; ainsi naît la profondeur atmosphérique.

Bon à savoir. Commencé sans doute vers 1503, le portrait resta des années auprès de Léonard, qui continua de le retravailler, l’emporta en France et le laissa inachevé à sa mort.

© 2011 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Thierry Ollivier

A · Sculpture antique · Sully · Salle 345

Vénus de Milo

Grèce antique

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Deux éléments de marbre de Paros se rejoignent aux hanches, là où la chair nue cède aux lourds plis du manteau. Ce contraste confère à la figure incomplète équilibre et mouvement.

  • Les hanches : On suit autour de la taille la jonction des deux principaux blocs : la draperie contribue à dissimuler leur point de rencontre.
  • La draperie : Le manteau se rassemble sur une jambe, puis retombe vers la base ; ses plis profonds tranchent avec le modelé lisse du torse.
  • Les éléments rapportés : De petits trous de fixation accueillaient autrefois des ornements en bronze, notamment un diadème et un bracelet.

Bon à savoir. Découverte à Mélos en 1820, la statue entra au Louvre en 1821 ; les bras, le pied gauche et plusieurs autres parties manquaient déjà.

© 2014 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Philippe Fuzeau

A · Sculpture antique · Denon · Salle 703

Victoire de Samothrace

Art hellénistique

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Le monument unit une déesse ailée en marbre de Paros à une proue composée de blocs de marbre de Lartos. Matériaux et pièces distincts convergent en un même élan vers l’avant.

  • L’aile gauche : Les plumes conservées se déploient vers le haut et l’extérieur. L’aile élargit la silhouette et fait sentir l’air autour de la déesse.
  • La draperie : Sur le torse et les jambes, les plis tantôt plaqués, tantôt creusés, font apparaître à la fois le corps et le mouvement.
  • La proue : Avec un peu de recul, statue et base navale se lisent ensemble. Seize blocs composent la proue sous la Victoire, loin d’un socle neutre.

Bon à savoir. Découvert en 1863 dans le sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace, le monument fut remonté à partir de nombreux fragments, puis de nouveau restauré en 2014.

© 2019 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

A · Peintures · Denon · Salle 711

Les Noces de Cana

Véronèse

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Veronèse plaça un miracle biblique au cœur d’un fastueux banquet vénitien et réunit près de cent trente convives sur une toile de près de dix mètres. C’est la plus grande peinture du Louvre, où le sacré devient spectacle mondain.

  • Le Christ : Au milieu du tumulte, le Christ se tient immobile et de face, au centre de la longue table : il est l’axe calme de toute la scène.
  • Les musiciens : Au premier plan, un groupe de musiciens joue ; la tradition y reconnaît des portraits de peintres vénitiens, dont Veronèse lui-même.
  • Le miracle : En bas à droite, des serviteurs versent l’eau devenue vin : le miracle lui-même, relégué au bord de la fête.

Bon à savoir. Peinte en 1562-1563 pour le réfectoire du monastère de San Giorgio Maggiore à Venise, la toile fut prélevée en 1797 et transportée au Louvre en 1798.

© 2024 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Rabeau/Didierjean

A · Peintures · Denon · Salle 700

Le 28 juillet 1830. La Liberté guidant le peuple

Eugène Delacroix

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Delacroix transforma un soulèvement tout récent — la révolution de Juillet 1830 — en allégorie. La Liberté, poitrine nue, brandit le drapeau tricolore au-dessus d’une barricade, mêlant l’actualité politique à la figure intemporelle.

  • La Liberté : Au centre, la Liberté s’avance, un drapeau tricolore dans une main, un fusil à baïonnette dans l’autre : à la fois femme et symbole.
  • La barricade : Sous elle, les morts et les pavés d’une barricade forment le socle qu’elle gravit : l’élan héroïque naît de la violence brute.
  • Notre-Dame : À droite, dans la fumée des combats, les tours de Notre-Dame ancrent la scène dans les rues mêmes de Paris.

Bon à savoir. Peinte de septembre à décembre 1830, la toile fut exposée au Salon de 1831 sous le titre « Le 28 juillet. La Liberté guidant le peuple ».

© 2015 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

A · Peintures · Denon · Salle 700

Le Radeau de la Méduse

Théodore Géricault

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Géricault peignit un naufrage récent à l’échelle de la grande peinture d’histoire, près de cinq mètres sur sept. Montrer les morts et les mourants d’un drame réel et politiquement gênant, plutôt qu’un mythe, était audacieux au Salon de 1819.

  • Le radeau : Les survivants tiennent sur une plate-forme assemblée avec les débris de la frégate ; on mesure combien cette embarcation de fortune paraît fragile et surchargée.
  • Les survivants : Des cent cinquante personnes montées à bord, quinze seulement restaient en vie après douze jours de dérive ; ce bilan emplit l’entassement des corps.
  • L’horizon : Au loin, une voile minuscule signale le brick Argus, qui finit par repérer le radeau ; cette tache pâle à l’horizon est le seul espoir de secours.

Bon à savoir. Géricault ne vendit jamais le tableau de son vivant ; l’État l’acheta en 1824, lors de la vente qui suivit sa mort, et l’œuvre est exposée au Louvre depuis 1826.

© 2018 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

A · Peintures · Denon · Salle 702

Le Sacre de Napoléon

Jacques-Louis David

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. David transforme une cérémonie d’État en peinture d’histoire monumentale et en portrait collectif. Architecture, hiérarchie et lumière dirigent le regard vers le couple impérial tout en fixant l’image de la cour.

  • La lumière centrale : Avec du recul, on suit la lumière venue des fenêtres hautes de la cathédrale : elle isole Napoléon, Joséphine et le pape au milieu de la foule.
  • Les groupes : Clergé, diplomates, dignitaires et famille se massent autour d’un premier plan dégagé. David réorganisa ainsi la cérémonie réelle pour établir une hiérarchie lisible.
  • La mère de Napoléon : Dans la tribune centrale siège Laetitia Bonaparte, pourtant absente de la cérémonie. L’image remplace son absence par une unité dynastique fabriquée.
  • David : Dans une tribune, le peintre se représente dessinant parmi ses proches et d’autres artistes : il s’affirme à la fois témoin et auteur de l’image officielle.

Bon à savoir. Devant la toile presque achevée, en 1808, Napoléon ne demanda qu’un changement : David releva le bras du pape afin qu’il bénît visiblement la cérémonie.

© 2017 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux

A · Peintures · Denon · Salle 702

La Grande Odalisque

Jean-Auguste-Dominique Ingres

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Ingres construit la figure allongée par une longue inflexion du dos, du visage et de la jambe repliée, puis l’enchâsse dans des étoffes bleues. La commande privée prend ainsi l’allure d’une mise en scène calculée.

  • La torsion du corps : Le regard suit le visage de trois quarts, longe le dos, puis rejoint la jambe gauche repliée. Le corps et la tête s’orientent ainsi en sens contraire.
  • L’éventail : Près de la jambe repliée, la main droite tient un éventail en plumes de paon ; texture et couleur se concentrent dans cette petite zone.
  • Le décor bleu : Le lit, les coussins et le rideau bleu à droite contrastent avec les draps blancs et bruns, froissés sous le corps.

Bon à savoir. Peinte en 1814 pour Caroline Murat, reine de Naples, l’œuvre ne fut présentée au public qu’au Salon de 1819.

© 2011 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

A · Sculptures · Denon · Salle 403

Psyché ranimée par le baiser de l’Amour

Antonio Canova

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Canova saisit l’instant où le baiser de l’Amour ranime Psyché de son sommeil mortel. Deux corps se croisent en une diagonale légère et ascendante, et le marbre poli semble respirer : un sommet de la tendresse néoclassique.

  • Les diagonales : Les deux figures dessinent un X : les ailes et le buste dressé de l’Amour croisent le torse renversé de Psyché, si bien que le groupe paraît sans poids.
  • Le cercle des bras : Les bras de Psyché remontent pour attirer la tête de l’Amour ; les deux paires de bras se referment en un anneau autour des visages presque joints.
  • Tournez autour : Tournez autour du marbre : Canova le conçut pour offrir une silhouette équilibrée sous chaque angle, et non une seule face.

Bon à savoir. Commandé par le colonel John Campbell en 1787 mais jamais livré, le groupe passa ensuite à Joachim Murat, beau-frère de Napoléon, avant d’entrer au Louvre en 1809.

© 2022 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Hervé Lewandowski

A · Sculptures · Salle 001

Esclave mourant

Michel-Ange

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Michel-Ange tailla ce jeune captif pour le tombeau du pape Jules II. Suspendu entre le sommeil, l’extase et la mort, le nu alangui fit d’une simple figure de tombeau l’une des études les plus sensuelles du corps masculin.

  • La pose : Le corps s’affaisse et se tord comme s’il glissait hors de la conscience, un bras relevé derrière la tête : entre l’endormissement et la mort.
  • La figure inachevée : Derrière la jambe gauche, un bloc de pierre à peine dégrossi esquisse une petite figure que Michel-Ange laissa inachevée.
  • Poli et brut : Comparez la peau très polie aux zones laissées au ciseau : on voit la figure émerger du marbre brut.

Bon à savoir. Commencé vers 1513-1515 pour le tombeau de Jules II mais écarté du monument définitif, l’Esclave fut donné par Michel-Ange à Roberto Strozzi, puis offert au roi de France.

© 2015 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Christian Décamps

A · Égypte · Sully · Salle 635

Le Scribe accroupi

Égypte antique

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Le calcaire peint s’associe au cristal de roche, à l’albâtre égyptien et au cuivre pour composer des yeux d’une rare complexité. La précision des matériaux confère une présence attentive à cette pose ramassée d’écrivain.

  • Les yeux : De près, les iris en cristal de roche s’insèrent dans des sclérotiques d’albâtre, bordées de cuivre. Cette incrustation en plusieurs couches aiguise le regard.
  • La pose d’écriture : Assis en tailleur, le scribe déploie un rouleau de papyrus sur ses genoux ; le corps forme ainsi un triangle de travail stable.
  • La surface peinte : On compare la couleur conservée sur le corps de calcaire à l’éclat des yeux incrustés : le contraste distingue la chair du détail précieux.

Bon à savoir. La statue fut découverte le 19 novembre 1850 dans un puits au nord du Sérapéum de Saqqara, puis inscrite à l’inventaire en 1854.

© 2010 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Christian Décamps

A · Égypte · Sully · Salle 338

Grand Sphinx de Tanis

Égypte antique

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Une tête royale coiffée du némès et de l’uræus s’élève sur un lion couché, taillé dans le granit rose. Cette fusion ramassée donne à l’autorité pharaonique un corps à la fois vigilant et puissant.

  • La tête : Le némès, l’uræus dressé et la fausse barbe droite désignent chacun le visage humain comme celui d’un souverain.
  • Le corps de lion : Avec un peu de recul, on compare le large poitrail et les pattes tendues à la tête plus petite ; cet écart d’échelle renforce l’hybridité.
  • Le granit : Le même granit rose se poursuit de la tête au corps. Taillées dans une pierre unique, les deux anatomies se lisent comme un seul être.

Bon à savoir. La datation demeure discutée : les propositions vont de la IVe dynastie au règne d’Amenemhat II, avant plusieurs réemplois royaux.

© 2009 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux

A · Proche-Orient · Richelieu · Salle 227

Code de Hammurabi

Babylone

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. La stèle de basalte associe une image royale à une longue inscription juridique. En plaçant Hammurabi devant le dieu solaire Shamash, au-dessus du texte, elle présente la loi comme acte du roi et sanction divine.

  • Le sommet : En haut, Shamash siège sur un trône et tend le cercle et le bâton au roi debout ; le geste légitime visuellement l’autorité d’Hammurabi.
  • Hammurabi : La main levée, le bonnet à bord haut et la robe découvrant une épaule distinguent le roi attentif du dieu assis.
  • L’inscription : De près, les lignes gravées serrées couvrent la pierre sombre sous le relief ; l’essentiel du monument devient ainsi texte de loi.

Bon à savoir. Créée sous le règne d’Hammurabi à Babylone, la stèle brisée fut mise au jour à Suse en 1901-1902, puis attribuée au Louvre après partage de fouilles.

© 2009 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux

A · Proche-Orient · Richelieu · Salle 228

Stèle de victoire de Naram-Sin

Empire d’Akkad

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Au lieu de registres horizontaux, le relief triangulaire entraîne soldats et vaincus sur une montagne boisée, vers Naram-Sin. L’ascension inscrit la hiérarchie militaire dans le paysage même.

  • Naram-Sin : Près du sommet, le roi dépasse toutes les autres figures et porte une tiare à cornes ; taille et attribut divin le placent au-dessus des deux armées.
  • L’ascension : Les soldats akkadiens gravissent la montagne en diagonale. La répétition des armes et des pas transforme toute la surface en montée.
  • Les vaincus : À droite, les ennemis tombent, implorent ou se détournent sous l’avancée royale ; quelques gestes suffisent à condenser l’issue de la bataille.
  • Les disques solaires : Au-dessus de la montagne, trois disques occupent l’étroit sommet de la stèle et placent la victoire sous un signe céleste.

Bon à savoir. Emportée de Sippar à Suse comme butin au XIIe siècle av. J.-C., la stèle y fut mise au jour le 6 avril 1898.

© 2009 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Hughes Dubois

A · Arts de l’Islam

Bassin dit Baptistère de Saint Louis

Art mamelouk

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Muhammad ibn al-Zayn associe laiton martelé, décor gravé et incrustations d’argent et d’or elles-mêmes regravées. L’importance du bassin tient à cette surface métallique dense et stratifiée, non au seul éclat des métaux précieux.

  • Le fond de laiton : Sur les larges parois, les traits peu profonds de la gravure organisent le décor avant même l’ajout des métaux précieux.
  • Les incrustations : De près, l’argent et l’or se détachent du laiton. La regravure trace encore de fines lignes dans le métal clair, qui ne reste jamais lisse.

Bon à savoir. La notice date le bassin de 1325-1340 et situe prudemment sa production en Égypte ou en Syrie.

© 2012 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

B · Peintures · Denon · Salle 710

La Sainte Anne

Léonard de Vinci

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Léonard transforme l’image traditionnelle de trois générations sacrées en drame familial fluide. Corps imbriqués et gestes continus conduisent vers l’agneau : le sacrifice futur du Christ affleure ainsi dans un mouvement apparemment naturel.

  • Les trois figures : Le regard descend de la tête d’Anne vers l’épaule et le bras de Marie, puis rejoint l’Enfant. Les corps superposés composent une seule diagonale.
  • L’agneau : En bas à droite, Jésus étreint l’animal sacrificiel tandis que sa mère se penche vers lui. Un geste familial porte ainsi l’allusion centrale à la Passion.
  • Les sourires : Les trois visages déclinent des expressions voisines. Ce lien entre les générations suggère qu’elles partagent la connaissance du destin de l’Enfant.
  • Le paysage : Derrière le groupe, montagnes et eaux s’estompent dans la distance atmosphérique, tandis que les strates rocheuses réapparaissent au premier plan.

Bon à savoir. Commencé vers 1503 et toujours inachevé en 1519, le tableau resta auprès de Léonard et fut très probablement acquis par François Ier en 1518.

© 2018 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Urtado/Rabeau

B · Peintures · Denon · Salle 710

La Vierge aux rochers

Léonard de Vinci

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Dans une grotte obscure, Léonard renouvelle l’Adoration par un réseau serré de regards et de gestes. Le sens sacré naît moins d’un attribut isolé que des relations entre les figures et leur paysage minéral.

  • Les mains : D’une main, Marie protège Jésus ; de l’autre, elle accueille le petit Baptiste. Soutenu par l’ange, l’Enfant bénit son cousin.
  • Le groupe circulaire : Regards et gestes tournent autour du centre au lieu d’aligner les personnages. Les quatre corps se lisent comme un échange continu.
  • La grotte : La roche sombre enveloppe les figures, mais des ouvertures découvrent au loin montagnes et vaste cours d’eau ; abri et profondeur atmosphérique se rejoignent.

Bon à savoir. L’œuvre naquit d’une commande passée en 1483 par la confrérie milanaise de l’Immaculée-Conception ; l’arrivée en France de cette première version demeure inexpliquée.

© 2015 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

B · Peintures · Denon · Salle 710

La Belle Ferronnière

Léonard de Vinci

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Au profil conventionnel, Léonard substitue les mouvements contraires du buste et de la tête. Cette tension donne au modèle une présence physique et une distance psychologique qui annoncent le portrait moderne.

  • La torsion : Le buste s’oriente d’un côté, la tête revient de l’autre, comme si un événement situé hors du cadre venait d’attirer l’attention du modèle.
  • Les yeux : Presque frontal, le visage semble nous fixer ; pourtant les pupilles glissent légèrement vers le haut et sur le côté, maintenant une subtile distance.
  • L’habit et la coiffure : Robe rouge, manches amovibles, chemise blanche et résille de soie et d’or composent une mode précisément liée à la cour milanaise de la fin du XVe siècle.

Bon à savoir. L’identité du modèle reste discutée et le titre usuel est lui-même erroné : il désignait autrefois un autre portrait du Louvre.

© 2016 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec

B · Peintures · Denon · Salle 710

Saint Jean Baptiste

Léonard de Vinci

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Léonard réduit l’image à un corps qui pivote, un sourire indécis et une lumière surgie de l’ombre. Sans décor et presque sans couleur, le clair-obscur devient l’instrument même de la révélation spirituelle.

  • La pose en spirale : Le buste part vers la droite, tandis que la tête revient vers le spectateur. Ces directions contraires font monter la figure en une lente spirale.
  • La main et le visage : Le bras droit replié ramène la main près du visage ; geste, regard et sourire se concentrent dès lors dans un espace très réduit.
  • La lumière : Le corps ne se détache pas simplement sur un fond noir. Une lumière chaude le fait apparaître peu à peu depuis la nuit environnante.
  • La peau de bête : La fourrure tachetée diffère de la peau de chameau traditionnellement associée au Baptiste, singularisant ce jeune prophète idéalisé.

Bon à savoir. Probablement conçu vers 1508, le tableau resta partiellement inachevé ; la restauration de 2015-2016 permit de mieux distinguer vernis altérés et bras non finis.

© 2022 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

B · Peintures · Denon · Salle 712

Portrait de Baldassare Castiglione

Raphaël

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. La notice suit le portrait depuis la famille Castiglione jusqu’aux grandes collections du XVIIe siècle, puis à Louis XIV. Cette provenance ancienne relie avec une rare continuité l’effigie du diplomate à ses premiers regards.

Bon à savoir. Conservé par les descendants du modèle, le portrait passa dans la collection Mazarin avant d’être acquis pour Louis XIV en 1665.

© 2020 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec

B · Peintures · Denon · Salle 710

La Belle Jardinière

Raphaël

© 2016 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

B · Peintures

Le Concert champêtre

Titien / Giorgione

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. La notice retrace le passage probable de cette peinture vénitienne d’une collection anglaise à celle de Louis XIV. Ses anciennes désignations — Giorgione hier, Titien aujourd’hui — conservent aussi l’histoire de son attribution.

Bon à savoir. Louis XIV acquit la toile auprès d’Everhard Jabach en 1671 ; l’inventaire royal de 1683 la donna encore à Giorgione.

© 2024 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Adrien Didierjean

B · Peintures · Denon · Salle 711

La Femme au miroir

Titien

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Les premières mentions révèlent les changements d’attribution au fil des collections princières et royales. Rapprochée du Parmesan puis de Giorgione, la toile figure désormais sous le nom de Titien dans la notice du Louvre.

Bon à savoir. Après la dispersion de la collection de Charles Ier, la toile passa chez Everhard Jabach, puis Louis XIV l’acquit en 1662.

© 2018 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Mathieu Rabeau

B · Peintures · Denon · Salle 712

La Mort de la Vierge

Caravage

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Commandé pour une église romaine puis refusé par son clergé, le tableau devint presque aussitôt un objet de collection recherché. Son passage rapide de Rome à Mantoue, puis Londres, renversa ainsi son premier destin.

Bon à savoir. Laerzio Cherubini commanda l’œuvre en 1601 pour Santa Maria della Scala ; refusée en 1605-1606, elle fut acquise par le duc de Mantoue en 1607.

© 2018 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Mathieu Rabeau

B · Peintures · Denon · Salle 712

La Diseuse de bonne aventure

Caravage

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. La notice replace cette scène dans les reprises d’un même sujet par Caravage : une composition voisine subsiste à Rome. Sa provenance royale débuta par un don diplomatique, non par un achat.

Bon à savoir. Après plusieurs collections romaines, le prince Camillo Pamphili offrit le tableau à Louis XIV en 1665.

© 2007 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot

B · Peintures · Richelieu · Salle 837

La Dentellière

Johannes Vermeer

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Vermeer transforme le travail domestique en expérience de mise au point. Fils et coussin se brouillent au premier plan, tandis que mains et instruments gagnent en précision juste au-delà.

  • Les mains : Doigts, fuseaux et fil convergent dans une zone minuscule. Cette précision dirige le regard vers la concentration, non vers une action narrative.
  • Les fils : En bas à gauche, les fils colorés s’échappent du coussin à couture et se brouillent de près ; l’ouvrage plus net paraît ainsi légèrement en retrait.
  • Le livre : À droite repose peut-être une petite Bible ou un livre de prières, qui relierait la dentelle à l’image traditionnelle de la vertu domestique.
  • La lumière : Venue de droite — disposition assez rare chez Vermeer —, la lumière glisse doucement sur la figure et la table de travail.

Bon à savoir. Le modèle serait plutôt une femme aisée occupée chez elle qu’une professionnelle ; rien ne permet d’y reconnaître l’épouse de Vermeer.

© 2016 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux

B · Peintures · Richelieu · Salle 837

L’Astronome

Johannes Vermeer

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Vermeer fonde l’activité du savant sur des objets identifiables, non sur de vagues symboles. Globe céleste, manuel d’astronomie, compas et astrolabe donnent une forme concrète au travail de l’esprit.

  • Le globe : Le savant tend la main vers le globe céleste publié par Jodocus Hondius en 1600 ; la carte du ciel devient le centre physique de son attention.
  • Le livre ouvert : Le manuel d’astronomie de Metius, daté de 1621, s’ouvre au chapitre des étoiles, près d’une gravure de son astrolabe à roue.
  • Les instruments : Compas et astrolabe du XVIe siècle répondent au globe et au livre ; outils pratiques, texte et carte composent ensemble le savoir.
  • Le tableau du fond : Derrière l’astronome, un *Moïse sauvé des eaux* pourrait opposer la providence divine à l’étude humaine du monde.

Bon à savoir. Le savant fut parfois identifié à Antoni van Leeuwenhoek, mais la notice souligne qu’aucune preuve n’étaye cette proposition.

© 2023 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

B · Peintures · Richelieu · Salle 818

La Vierge du chancelier Rolin

Jan van Eyck

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Van Eyck place un puissant donateur face à la Vierge en majesté, puis ouvre leur chambre sur un monde peint à l’échelle du minuscule. Dévotion, rang social et paysage occupent un espace continu.

  • La rencontre : Rolin s’agenouille à la hauteur de la Vierge. Sa robe de brocart répond au manteau rouge bordé de pierreries, de l’autre côté du sol carrelé.
  • Les chapiteaux : Au-dessus des colonnes de marbres variés, de minuscules scènes de l’Ancien Testament inscrivent l’histoire sacrée dans la pièce.
  • Le jardin : Entre les arcades et la ville, fleurs, pies, paons et deux petits personnages penchés peuplent un étroit jardin de détails.
  • La ville et le lointain : La rivière mène au pont et au château insulaire, puis aux moulins, aux vignes et aux montagnes enneigées ; la précision cède progressivement à la distance.

Bon à savoir. Nicolas Rolin commanda vraisemblablement le panneau vers 1430, peut-être pour la prière privée puis comme épitaphe ; sa fonction exacte demeure incertaine.

© 2014 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec

B · Peintures · Richelieu · Salle 814

Le Prêteur et sa femme

Quentin Massys

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. La provenance renseigne surtout la célébrité ancienne du tableau : propriétaires et catalogues de vente le décrivirent dès le XVIIe siècle et l’associèrent à plusieurs reprises au nom de Quentin Metsys.

Bon à savoir. Après avoir circulé parmi marchands et collectionneurs anversois, le panneau fut acheté pour le Louvre lors d’une vente parisienne en 1806.

© 2017 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux

B · Peintures · Denon · Salle 710

Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon

Domenico Ghirlandaio

© 1997 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

B · Peintures · Denon · Salle 708

La Bataille de San Romano

Paolo Uccello

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Ce panneau appartient à un cycle de trois peint pour un palais florentin : la bataille se déployait donc autour d’une pièce, non dans un cadre isolé. Des transformations ultérieures modifièrent ce rapport architectural.

Bon à savoir. Conçu pour épouser l’architecture d’une salle, le panneau fut sans doute retaillé en rectangle en 1484 ; ses deux compagnons sont à Londres et Florence.

© 2001 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot/Hervé Lewandowski

B · Peintures · Denon · Salle 708

Le Couronnement de la Vierge

Fra Angelico

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Le panneau associe l’image sacrée principale à une prédelle consacrée à saint Dominique. Son sommet en mitre et son récit inférieur révèlent encore l’architecture et le programme d’un retable plus vaste.

  • Le contour supérieur : La découpe en mitre appartient à la forme d’origine. Ce sommet pointu répondait à la conception du retable et non à une transformation tardive.
  • La prédelle : En bas, visions, miracles, dispute, repas servi par les anges et mort de saint Dominique composent une suite narrative en petites scènes.

Bon à savoir. Le retable fut sans doute peint avant 1435 pour San Domenico de Fiesole, où il resta jusqu’à son transfert au Louvre en 1812.

© 2018 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

B · Peintures · Denon · Salle 702

Le Serment des Horaces

Jacques-Louis David

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. David transforma profondément la commande royale : il remplaça le sujet prévu, agrandit la toile et choisit de peindre à Rome. L’œuvre conserve ainsi l’affirmation d’un artiste au sein de la peinture d’histoire officielle.

Bon à savoir. Commandé par l’administration de Louis XVI en 1781-1782, le tableau fut achevé à Rome en 1785 et montré sur place avant le Salon parisien.

© 2023 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

B · Peintures · Denon · Salle 700

Mort de Sardanapale

Eugène Delacroix

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Sur près de cinq mètres de largeur, Delacroix déploie l’ultime ordre d’un souverain. Luxe et destruction se confondent : rien de ce qui servit aux plaisirs de Sardanapale ne doit lui survivre.

  • Sardanapale : Au sommet de l’immense bûcher, le roi demeure couché sur un lit somptueux et commande le désastre sans se mêler à la lutte.
  • Les victimes : Officiers et eunuques massacrent femmes, pages, chevaux et chiens. Chaque corps devient la conséquence d’une seule décision royale.
  • Le bûcher : La structure sous le lit rassemble êtres vivants et richesses du palais en une construction unique, destinée à disparaître dans le feu.

Bon à savoir. Exposée au Salon de 1828, la toile invendue resta dix-huit ans chez Delacroix et n’entra au Louvre qu’en 1921.

© 2025 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Didierjean/Chan-Liat

B · Peintures · Denon · Salle 702

Madame Récamier

Jacques-Louis David

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. David laisse le portrait visiblement inachevé. Pourtant, décor à l’antique, robe blanche et vaste format horizontal composent déjà une élégance retenue ; la surface non finie rend même l’ordonnance plus lisible.

  • La tête tournée : Assise de côté sur le lit de repos, Juliette Récamier ramène vers nous son visage de trois quarts ; abandon de la pose et présence directe s’équilibrent.
  • La robe blanche : Le vêtement clair et sobre se détache du long meuble à l’antique. La pose l’emporte ainsi sur tout effet d’ornement.
  • La peinture inachevée : De près, passages plus poussés et grandes zones encore sommaires se distinguent. L’inachèvement révèle comment David établit formes et équilibre avant les finitions.

Bon à savoir. Commandé par Juliette Récamier et son mari en 1800, le portrait resta inachevé et demeura chez David jusqu’à sa mort en 1825.

© 2016 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Adrien Didierjean

C · Peintures · Sully · Salle 912

Le Tricheur à l’as de carreau

Georges de La Tour

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. La Tour rend la tromperie lisible par une mécanique précise de gestes et de regards. Quatre figures forment une frise peu profonde, mais de subtiles symétries isolent la riche dupe des trois complices.

  • La carte cachée : À gauche, le joueur tire dans son dos l’as de carreau tout en tournant le visage vers ses complices ; le spectateur surprend ainsi la manœuvre.
  • Les regards : Les yeux du tricheur, de la servante et de la femme dessinent une conversation silencieuse dont le jeune homme reste exclu.
  • La dupe : À droite, la richesse excessive de l’habit signale la vanité de l’adolescent, tandis que l’espace autour de lui souligne son isolement.
  • La couleur : Les chairs lisses et lumineuses se détachent d’une palette restreinte et grave ; ce clair-obscur annonce déjà les futurs nocturnes de La Tour.

Bon à savoir. L’imagerie scientifique révéla une reprise : La Tour déplaça la servante et transforma son corselet d’abord rouge en bleu-vert sombre.

© 2010 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

C · Peintures · Sully · Salle 917

Pèlerinage à l’île de Cythère

Antoine Watteau

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Watteau présenta cette toile comme morceau de réception à l’Académie royale en 1717. Sa fonction institutionnelle est exceptionnellement claire : intégrée à la collection académique, elle resta exposée au Louvre durant tout le XVIIIe siècle.

Bon à savoir. Saisie avec les collections de l’Académie en 1795, la toile ornait depuis des décennies sa salle d’assemblée au Louvre.

© 2020 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

C · Peintures · Sully · Salle 929

Le Verrou

Jean-Honoré Fragonard

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Fragonard conçut le tableau comme pendant d’une *Adoration des bergers*. La confrontation opposait amour profane et amour sacré ; le sens premier de cette scène dépendait donc d’une autre toile.

Bon à savoir. Peinte vers 1777-1778 pour le marquis de Véri, l’œuvre resta en mains privées jusqu’à son acquisition par le Louvre en 1974.

© 2017 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec

C · Peintures · Richelieu · Salle 824

Gabrielle d’Estrées et une de ses sœurs

École de Fontainebleau

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. La notice présente cette composition comme une allégorie de cour plutôt qu’un simple double portrait. Ses nombreuses versions relient l’énigmatique réunion des deux femmes à la naissance d’un enfant naturel d’Henri IV.

Bon à savoir. La compagne de Gabrielle serait la duchesse de Villars ou la maréchale de Balagny ; la notice ne tranche pas.

© 2015 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Mathieu Rabeau

C · Peintures · Richelieu · Salle 844

Bethsabée au bain

Rembrandt

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Rembrandt écarte le roi David du récit biblique et concentre la crise morale dans le corps de Bethsabée et la lettre qu’elle tient. Au spectacle narratif succède un instant intérieur de décision.

  • La lettre : Bethsabée tient le message de David. Ce simple objet transforme une scène de toilette silencieuse en moment décisif du récit biblique.
  • La tête inclinée : Le visage penché ramène l’attention vers l’intériorité, loin du messager et du roi absents ; la radiographie révèle une première position moins inclinée.
  • L’absence de David : Nulle part le roi n’apparaît. Sa demande demeure pourtant présente dans toute la composition, réduite à la lettre tenue par Bethsabée.

Bon à savoir. On reconnaît souvent Hendrickje Stoffels dans la figure, mais la notice rapporte cette identification sans la donner pour certaine.

© 2022 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Hervé Lewandowski

C · Sculptures · Salle 001

Esclave rebelle

Michel-Ange

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Michel-Ange sculpta cette figure en 1513-1515 pour le soubassement du tombeau de Jules II. Son exclusion ultérieure conserve un élément majeur abandonné d’un monument funéraire sans cesse réduit et remanié.

Bon à savoir. Michel-Ange donna la sculpture inutilisée à Roberto Strozzi en 1546 ; elle gagna bientôt la France, puis entra au Louvre en 1794.

© 2017 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Hervé Lewandowski

C · Sculpture antique · Sully · Salle 348

Gladiateur Borghèse

Grèce antique

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Agasias tailla ce combattant presque grandeur nature dans un seul bloc de marbre pentélique. La pose tendue fut conçue autour d’armes aujourd’hui perdues ; le corps conserve donc la trace d’une épée et d’un bouclier absents.

  • La diagonale du corps : Des jambes en poussée aux bras tendus, toute l’anatomie s’organise pour le combat, sans point de repos stable.
  • Les mains vides : La position des bras permet de restituer l’épée et le bouclier manquants. Leur absence clarifie les directions d’attaque et de défense.
  • Le tronc d’arbre : Près de la jambe, le support sculpté stabilise la longue extension du marbre tout en restant secondaire dans le mouvement du guerrier.

Bon à savoir. Trouvée à Antium, la statue fut largement restaurée, notamment au bras droit et aux jambes ; le Louvre l’acquit en 1807.

© 2011 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Thierry Ollivier

C · Sculpture antique · Sully · Salle 348

Hermaphrodite endormi

Antiquité / Le Bernin

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Une figure antique et un lit du XVIIe siècle forment ici un objet volontairement unifié. Matelas et oreiller ajoutés par Bernin en 1620 transforment le sommeil en rencontre entre sculpture romaine et illusion baroque.

  • La première vue : De dos, cheveux nattés, épaules nues et courbe assoupie composent d’abord une figure allongée paisible, avant que son identité ne se révèle.
  • L’autre côté : En contournant le lit, la vue frontale découvre l’anatomie double annoncée par le titre et modifie la lecture construite depuis le dos.
  • Le matelas : Le corps antique contraste avec la literie profondément creusée par Bernin. Oreiller et matelas semblent souples, bien qu’ils soient taillés dans le marbre.

Bon à savoir. Découverte à Rome en 1618, la figure reçut la literie de Bernin en 1620, puis fut acquise pour la France en 1807.

© 2011 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Thierry Ollivier

C · Sculpture antique · Sully · Salle 348

Diane de Versailles

Rome antique, d’après un original grec

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Ce marbre romain présente Artémis en pleine course, non dans l’immobilité d’une effigie. Tunique courte, manteau tournoyant et vestiges d’un cervidé construisent l’image d’une chasseresse qui traverse l’espace.

  • La foulée : La jambe avancée entraîne le corps ; le poids circule dans la figure au lieu de se répartir également sur les deux pieds.
  • Le vêtement : Le chitôn court libère les jambes, tandis que l’himation enroulé prolonge par ses plis la direction de la course.
  • Le carquois et le cervidé : Derrière et près de la déesse subsistent carquois et fragments du cervidé ; ces attributs désignent Artémis chasseresse.
  • La chevelure : Les cheveux ondulés se rassemblent en chignon sous le diadème. Les sillons du trépan y creusent des ombres plus franches que sur le visage.

Bon à savoir. Une grande partie de la statue fut refaite en 1602 et 1808, dont les deux bras, une jambe, le carquois et presque tout le cervidé.

© 2024 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Thierry Ollivier

C · Sculptures · Richelieu · Salle 105

Milon de Crotone

Pierre Puget

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. La fabrication documentée révèle l’ampleur de la sculpture royale sous Louis XIV : Colbert fournit le marbre, le roi approuva le dessin de Puget, puis plusieurs années de travail et de transport furent nécessaires.

Bon à savoir. Achevée à Marseille en 1682, la sculpture fut dévoilée dans l’Allée royale de Versailles en 1683, puis entra au Louvre en 1819.

© 2014 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Raphaël Chipault

C · Proche-Orient · Richelieu · Salle 234

Nu-banda Ebih-Il

Mari, Syrie

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Albâtre, coquille, lapis-lazuli et bitume concentrent le regard sur les mains jointes et les yeux incrustés d’Ebih-Il. La petite figure assise transforme des matériaux précieux en attitude permanente de prière.

  • Les yeux : Coquille et lapis-lazuli composent les yeux incrustés, autrefois accompagnés de sourcils et d’une barbe également rapportés ; le regard devient le point le plus lumineux.
  • Les mains : L’intendant serre les deux mains contre la poitrine. Ce geste ramassé identifie aussitôt la statue comme celle d’un orant.
  • La jupe : Le kaunakès texturé surmonte un tabouret en vannerie ; le décor sculpté distingue vêtement et siège des volumes plus lisses du corps.

Bon à savoir. La statue inscrite fut découverte le 23 janvier 1934 dans la cour du temple d’Ishtar à Mari, puis attribuée au Louvre après partage de fouilles.

© 2011 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Philippe Fuzeau

C · Proche-Orient · Richelieu · Salle 228

Gudea dit Architecte au plan

Sumer

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Gudea apparaît à la fois comme orant et bâtisseur : les mains jointes disent la dévotion, tandis que plan, calame et règle graduée reposent sur ses genoux. Le pouvoir s’exprime par la construction mesurée.

  • Le plan : Sur la tablette posée aux genoux de Gudea, un plan d’édifice transforme l’effigie assise en image précise de la préparation architecturale.
  • Les instruments : Près du plan, calame et règle graduée résument dessin, calcul et mesure contrôlée dans un espace très réduit.
  • Les mains : Au-dessus de la tablette, les mains jointes conservent le geste conventionnel de la prière et unissent compétence technique et dévotion.
  • La diorite : La pierre sombre et dense enveloppe robe et corps compact. Sa dureté confère un poids visuel particulier à la figure assise.

Bon à savoir. Dédiée au dieu Ningirsu, la statue incomplète fut mise au jour à Tello entre 1877 et 1881, puis acquise après les fouilles.

© 2011 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Thierry Ollivier

C · Proche-Orient · Richelieu · Salle 229

Taureau androcéphale ailé de Khorsabad

Assyrie

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Le lamassu réunit tête humaine couronnée, corps de taureau et ailes en un gardien monumental. Ses cinq pattes résolvent un problème de vue : immobile de face, il marche lorsqu’on le regarde de côté.

  • Les cinq pattes : On compte les membres sous plusieurs angles. Deux assurent la stabilité frontale, tandis que quatre pattes visibles de profil mettent le taureau en marche.
  • La tête : Tiare à deux paires de cornes et boucles d’oreilles à pendant confèrent au visage humain une autorité cérémonielle.
  • Les ailes : Les rangées de plumes partent de l’épaule et se déploient vers l’arrière. Leur vaste dessin équilibre le poitrail et les jambes.
  • Les inscriptions : Un texte court entre les pattes, un autre au revers ; l’écriture royale se joint ainsi à la présence protectrice du colosse.

Bon à savoir. Découvert à Khorsabad en 1843-1844, le relief de Sargon II fut scié en six plaques pour le transport et entra au Louvre en 1847.

© 2009 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Hughes Dubois

C · Arts de l’Islam

Pyxide au nom d’al-Mughira

Espagne omeyyade

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Cette boîte d’ivoire datée ancre l’art de cour omeyyade dans un lieu et une année précis : Madinat al-Zahra en 968. Sculpture et gravure transforment un petit contenant en objet de prestige.

Bon à savoir. L’inscription donne l’année 357 de l’Hégire, soit 968, et nomme al-Mughira ; le Louvre acquit la pyxide en 1898.

© 1986 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Maurice et Pierre Chuzeville

C · Objets d’art · Richelieu · Salle 501

Ivoire Barberini

Byzance

Pourquoi cette œuvre compte / Ce qu’il faut observer

Pourquoi cette œuvre compte. Cet objet est le seul feuillet presque complet conservé d’un diptyque impérial en cinq parties. Les reliefs superposent victoire militaire, peuples soumis et bénédiction du Christ en une même image du pouvoir byzantin.

  • L’empereur : Au centre, le souverain à cheval plante sa lance près d’un captif barbu. La conquête occupe ainsi le cœur de la composition.
  • La Terre : Sous les sabots, une figure féminine saisit le pied de l’empereur en signe de soumission ; le territoire lui-même reconnaît son autorité.
  • Le Christ et les Victoires : Au-dessus du cavalier, le Christ bénit entre deux Victoires ailées ; à gauche, un soldat offre une autre Victoire couronnée de laurier.
  • Le tribut : En bas, les peuples vaincus apportent leurs présents. Le triomphe s’étend ainsi d’un captif isolé à des populations entières.

Bon à savoir. Le cavalier serait Justinien, sans certitude ; l’une des cinq plaques d’ivoire qui composaient le feuillet a disparu.

Votre estimation

durée prévue (P50)

Marge prudente (P90) :

Itinéraire

    En bref

    La plupart des visiteurs restent bien concentrés pendant environ 2–3 heures. Une visite plus longue gagne à inclure une pause et une liste plus courte d’œuvres essentielles.